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Lundi 14 juillet 2008
Emploi du temps parfait en ce lundi 14 juillet: nous rentrons tout juste de Nyonié, et disposons d'une petite heure avant la Réception de l'Ambassadeur (y aura-t-il des rochers?...), juste de quoi prendre une douche et poster la réponse du lundi!

Alors évidemment, il ne s'agissait pas vraiment d'un sac. Ce que le monsieur tient au bout d'une ficelle, Roselyne l'a bien deviné, c'est ... une TORTUE !!!

Maintenant, le contexte. Nous sommes à Kango en pleine préparation de notre chasse au crocodile (c'est Vincent, à gauche dans la photo de l'Enigme, qui nous a emmenés), lorsque nous apercevons une tortue retournée sur une table, encore vivante, sur le bord de la route. Les pêcheurs l'ont prise dans leur filet et elle est à vendre.

La vendeuse nous assure que la viande de tortue est très bonne ; en plus c'est très pratique car on la fait cuire directement dans sa carapace au milieu des braises. On a un peu faim et ça coûte pas cher (6€), alors on investit et on part à la recherche d'un barbecue. C'était en effet excellent, un vrai délice!

Bon vous ne l'avez pas cru, j'espère. Evidemment, loin de songer à manger l'animal, et après avoir failli partir sans oser nous regarder dans les yeux, nous n'écoutons que notre coeur écologiste et achetons la tortue... pour la sauver et la remettre à l'eau! Ce n'est d'ailleurs pas si simple, car on pense d'abord la ramener à Libreville pour la remettre dans la mer ; il nous faut donc verser un acompte et payer une Regab aux deux gardiens de tortue (profession nouvellement créée). Et puis le lendemain, on finit par nous convaincre que la tortue n'est pas marine, et qu'on peut donc la relâcher à Kango.

OK, direction l'embarcadère, la tortue à la main! On se fait traiter de fous par les habitantes ("ils rejettent la viande à la mer!!!"), mais il n'empêche que pas mal sont restés pour assister au spectacle offert par les 3 Blancs.

Voici quelques photos de cet événement émouvant. Remarquez la jolie ficelle qui a été délicatement mise par les pêcheurs (grâce à un aimable coup de machette dans la carapace) ; ils ont sans doute voulu en faire un porte-clés, on a essayé et c'était pas très pratique:


Astuce pour faire sortir la tête et les pattes: lui gratter le dos.


Et enfin, l'eau! La tortue a attendu, sorti progressivement ses pattes et sa tête, qu'elle a tournée vers la droite (le fleuve), avant de se lancer. Magnifique!


Voilà, c'était un épisode tout aussi imprévu que fantastique!
par Seb et François
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Vendredi 11 juillet 2008
Cette fois, c'est le bon jour. Qu'est-ce que le monsieur transporte dans cet étrange sac à main, hein?...


Pendant que vous réfléchissez intensément, nous partons 3 jours à Nyonié, qui est une sorte de mini-village vacances à 1h de bateau et 30 minutes de 4x4 de Libreville, petit campement de bungalows sur la plage où tout est compris, les Regab comme les excursions dans la savane et la forêt environnantes. Enfin, tout ça, c'est ce qu'on nous en a dit, maintenant on attend de voir!

Un peu de géographie avant de vous quitter (pour compenser la non-leçon du mercredi de Marie-Lise?): Nyonié, c'est environ là, plutôt juste sous l'équateur:


par Seb et François
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Jeudi 10 juillet 2008
Ah, ah, on vous a bien eus! Une Enigme le jeudi, n'importe quoi!

Toujours est-il que je (Seb) suis au bureau bien tranquillement depuis ce matin, et que, sans interruption depuis ce matin, la clim ne marche pas... Au secours!! C'est la canicule! Il flotte un air moite et humide, et pas moyen de créer un courant d'air avec ces fichues fenêtres qui s'ouvrent à peine.

Voilà c'est dit ; sur ce, à demain!
par Seb et François
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Lundi 7 juillet 2008
On continue enfin le périple santoméen! Pour les retardataires: ça a commencé ici et continué .

Au soir du J2, au terme d'une heure et demie d'une route tournante et parfois très mauvaise (mais on s'en fiche car on est en 4x4 à roues lisses), nous voyons donc surgir de l'obscurité, en hauteur, la roça San João dos Angolares. Après avoir bifurqué et suivi le chemin qui y mène, nous arrivons sur un grand jardin au pied de la maison, où nous attend déjà la jeune femme qui a pris notre réservation.

Nous franchissons le seuil, et nous voilà envoûtés. L'entrée est un grand salon chaleureux, meublé de fauteuils attirants, d'une bibliothèque, et décoré de plein de tableaux ; le plafond est très haut, et les fenêtres immenses. Nous empruntons l'escalier de bois qui nous mène à un couloir extérieur, abrité par un petit toît, et desservant 2 chambres et la salle de bains ; on devine une vue panoramique sur la vallée, mais il fait nuit. Notre chambre est une nouvelle pièce aux dimensions généreuses, elle offre 3 lits doubles, avec de jolies moustiquaires accrochées au-dessus et repliées pour deux d'entre eux : on a la chance d'être seuls dans la chambre. Lumière tamisée dans un coin, silence absolu, repos total.

Nous descendons à l'heure convenue pour le dîner et découvrons une gigantesque terrasse à peine éclairée et recouverte d'un toît, son plancher en bois, sa jolie charpente également en bois. C'est le coeur de la maison: on se balade et on passe devant des tables où des aliments sont stockés dans de grands saladiers en bois ; à un autre endroit, c'est une étagère où cohabitent objets colorés et fioles de delikatessen à vendre ; près de la rambarde, ce sont les tables des clients, 6 couverts sont dressés ; un tableau dans un coin garde les traces d'une leçon de français destinée aux serveurs ; plusieurs fauteuils et hamacs forment des petits salons nous invitant à nous reposer d'une exploration pourtant parfaitement régénérante ; on s'y pose tout de même.

Petit cocktail de bienvenue, première explosion subtile: mélange de rhum, de cannelle, et de fruits encore inconnus. On passe à table, dans une ambiance encore plus feutrée: le courant vient de cesser, on allume les bougies. On n'en croit pas nos papilles en voyant les plats arriver: c'est un défilé de jarres, de poêles et de saveurs que le serveur amène et sert délicatement à la cuillère dans nos assiettes. On aura des petites portions de chacun, à la façon des tapas espagnoles, mais c'est bien assez pour nous régaler ; après, vous dire exactement ce qu'on a mangé, on en est incapables: on a surtout retenu l'originalité des textures et le parfait mélange des goûts, une alchimie qui ne doit sans doute rien au hasard, mais n'empêche pas de trouver cette cuisine authentique et simple... Evidemment, on pense que le repas est terminé, mais arrive la soupe, puis le plat principal, un poisson impressionnant sur lequel les 6 clients vont se servir (il en restera plus de la moitié), et enfin un fruit confit... Un vrai festival! Et que dire du bouquet final, lorsqu'une troupe de musiciens, chanteurs et danseurs du village arrive et entonne des airs en protugais, avec une danse qui répond au festin que nous venons d'avaler: si simple en apparence, et pourtant si subtile...


Bon, on est encore au soir du J2, là, on traîne! Bref, vous aurez compris que nous sommes complètement sous le charme de cette belle bâtisse coloniale, et dès ce soir, nous savons que nous resterons une autre nuit. La première est d'ailleurs fantastique de repos, et le petit-déjeuner succède dignement au dîner: rondelle d'ananas, tranche de fruit non identifié et banane, pain sans doute maison et tiède, confiture tout aussi artisanale, thé, lait chaud et café à l'arôme enivrant. On essaie un peu de comprendre ce qu'est cet endroit, mais la jeune femme ne maîtrise pas vraiment le français... Du coup, on embarque pour une visite guidée du domaine de la roça, et avant le départ, on prend quelques photos (en fait on n'est pas sûrs de la chronologie, mais ça arrive au bon moment dans l'article, car normalement, vous êtes impatients de voir à quoi ça ressemble... non?). Allez:

La vue depuis la terrasse et notre couloir

La fameuse terrasse






Sur ce, on retrouve notre guide pour faire le tour de la roça. Au temps de la colonisation portugaise, une roça, c'était un immense domaine dans lequel on cultivait cacao et/ou café, les ouvriers étant plutôt du genre nombreux et exploités, si nombreux qu'on trouvait souvent un hôpital, une école, des logements, etc, à l'intérieur du domaine. Aujourd'hui, certaines roças existent encore, dont celle où nous étions. Détenue par un artiste, ce qu'on a compris ou deviné, finalement, c'est que c'est une sorte de projet tout-compris: agriculture, cuisine (tout vient de la plantation et du jardin), tourisme, art (une maison à l'autre bout du jardin accueille des artistes en résidence)...

Nous partons donc en balade. Voici d'ailleurs le fameux jardin où poussent d'étranges sculptures:

Et on en profite pour vous mettre ZE maison où nous logeons:

Au bout du jardin, on trouve des ouvrières occupées à trier les grains de café:

Nous nous enfonçons ensuite dans la plantation, très vallonée et plutôt anarchique. Le guide, qui parle uniquement portugais, parvient à nous expliquer certaines choses ; il nous montre les arbres à cacao et à café, on goûte même l'intérieur d'une cabosse de cacao. Ces arbres sont assez petits, et abrités par des plus grands pour les protéger du soleil. Le chemin est minuscule, bientôt recouvert par les herbes. Même si on est aussi perdus dans un océan de verdure, l'ambiance est totalement différente de celle de la forêt équatoriale qu'on "connaît": c'est un peu plus lumineux, moins oppressant.

Le cacao

Les bouteilles recueillent la sève (ou autre?) de ce palmier, pour donner le vin de palme


Il y avait ces fleurs partout sur l'île: elles ressemblent étrangement à des oiseaux du paradis...

Une autre roça que nous découvrons lors de la balade

C'est du café qui sèche

Mystérieux: on aperçoit le pic "grande", pain de sucre coupé en deux par les nuages

La balade continue sur la plage, au sable noir



Au terme de 3h de balade, nous retrouvons la maison principale, où nous attend un déjeuner sur lequel on ne va pas s'attarder, car déjà vous devez nous maudire de vous avoir fait tant saliver.

L'après-midi, direction l'extrême sud de l'ïle: Porte Alegre, ou plutôt Praia Jalé. On en a entendu parler car il est possible d'y dormir dans de petits cabanons sur la plage ; les tortues luth viennent aussi pondre là mais ce n'est plus la saison. On a un temps envisagé d'y dormir nous aussi, mais bon, on était trop bien à San João... Bref, retour à Jalé: on arrive, le campement est désert, et la plage aussi. Le ciel, couvert toute la matinée à San João, est maintenant d'un bleu soutenu, le sable est jaune orangé, l'eau turquoise, les vagues blanches et vaporeuses ; la plage est bordée d'une rangée de palmiers. MA-GNI-FIQUE! Véritablement un site exceptionnel. On s'y baigne, évidemment, et on joue avec les rouleaux d'une force impressionnante et sans doute un chouilla dangereux, l'eau est froide mais elle est LIM-PIDE. Sérieusement, malgré les vagues, on voit nos pieds alors qu'on a de l'eau jusqu'aux épaules. Voilà, rien de plus à raconter : la plage la plus belle de notre monde est là-bas!





Et voilà, les yeux éblouis par le coucher du soleil, nous rentrons à San João...

Il reste plein plein plein de photos à voir pour les motivés... et à bientôt pour la suite du séjour!

Ah on allait oublier l'itinéraire:


par Seb et François
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Lundi 7 juillet 2008
Elle sera très courte, car on empiète sur le J4 de nos aventures santoméennes, et on veut pas gâcher toute la surprise. Enfin, on peut quand même vous dire que cette photo a été prissur un sol très spongieux, au beau milieu... du cratère d'un volcan en activité!! Le bâton en question s'y enfonce comme dans de la crème fraîche, et en ressort tout couvert d'une substance boueuse noir pétrole... La bâton délimite aussi l'endroit où l'on doit s'arrêter, sous peine de voir le sol s'effrondrer sous nos pieds.

On vous laisse avec une autre photo de ce cratère, le récit du J3 qui arrive dans la matinée, et un petit suspense qui convient parfaitement au voile de mystère qui pèse sur le volcan: ce weekend, nous sommes allés rencontrer des crocodiles...

par Seb et François
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Jeudi 3 juillet 2008
Cédarnt à une campagne de pression menée tambour battant par une certaine R.LRDCDN (aucune délation ici), voici déjà l'Enigme!

Dans quel lieu super insolite a été prise cette photo, à votre avis? Celui qui répond São Tomé gagne, mais franchement, un peu plus de précision serait la bienvenue.


Question subsidiaire! Voici un petit sondage au look affreux et bien mal positionné ; on fera mieux la prochaine fois...


par Seb et François
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Mardi 1 juillet 2008
Tiens, mais que vient faire un sifflet par ici? Une suite de l'Euro?

Eh bien tout simplement, sachez que ce jour, le 1er juillet 2008, siffle la mi-temps du VIE de Seb: tout pile 8 mois derrière, et 8 mois devant. Ca passe vite, non?
par Seb et François
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Lundi 30 juin 2008
Bon, on empiète un peu sur le récit du J3, mais tant pis, il faut bien répondre à l'Enigme. Bravo à Roselyne, à Marie et à "Pap's", qui à E3 ont presque la bonne réponse!

Cette chose bizarre, tout en longueur, c'est une dalle chauffante pour les graines de cacao! On laisse d'abord les graines fermenter pendant 3 jours à l'air libre, en gros tas, puis on les étale soigneusement sur cette dalle, on allume le four par les petites portes à chaque extrémité, et on laisse mijoter 3 autres jours! Evidemment, les durées ne sont pas contractuelles: notre guide parlait seulement portugais, donc on n'a pas tout compris.

Ah, et on vous disait qu'aucune biquette n'avait été abîmée pour cette énigme... mais pour les moutons qui glandent juste à côté du four, on n'est pas sûrs!


par Seb et François
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Dimanche 29 juin 2008
Attention, ça reprend direct après le J1!

Après une nuit reposante, toutefois perturbée par les chants des coqs sous notre fenêtre dès 3h du matin, nous voici prêts à partir à la découverte de l'île. Devinez qui nous attend à 9h devant notre porte? Le fameux chauffeur de taxi! Bon là, on s'y attendait, puisqu'on lui avait donné rendez-vous la veille. Pourquoi donc?, vous demandez-vous. Eh bien, il avait encore un autre bon plan à nous proposer: un 4x4 à louer, encore de particulier à particulier, et à un prix imbattable! On paie, on prend les clés, et rendez-vous dans 3 jours même heure, même endroit, pour les rendre. On fait le plein dans une mini-station où des enfants squattent nos vitres pour nous vendre des bracelets ou d'autres breloques absolument nécessaires, ou simplement pour obtenir un billet, et on est prêts à partir.

On a 3 jours entiers devant nous, il y a 2 ou 3 routes, alors on se dit vaguement qu'on va d'abord tenter le côté gauche, ensuite le côté droit et le sud, et puis qu'on verra bien. On commence donc par le nord ouest de l'île, avec une petite idée derrière la tête: longer la côte puis rallier les montagnes, qui ont l'air d'être au bout de la route et dans lesquelles on peut se balader. L'île doit faire dans les 40km de longueur, c'est raisonnable.

En route donc, on fonce vers la mer, on tourne à gauche et on suite la route... Erreur, il y a une route bonus qui mène à l'aéroport et au village de derrière, Gamboa. Tant pis, on fait demi-tour après avoir traversé le village et aperçu les premiers cochons sauvages du voyage! Oui oui, il y en a partout, et ils s'arrangent toujours pour traverser la route devant la voiture, et sans se presser.

(ok, ceux-là sont pas bien gros)

On retrouve la bonne route et on s'enfonce dans le pays. Quelques constats et impressions avant de retrouver la mer sur la côte ouest:
- c'est vert partout, partout, partout ; les villages sont presque cachés par les feuilles des arbres!
- c'est pas le même vert qu'au Gabon: les arbres sont un peu moins hauts et laissent passer plus de lumière.
- c'est très MoNtaGnEuX: on monte et on descend et on viroune sans cesse.
- c'est très pauvre: les maisons sont en bois, rafistolées de partout, mais elles ont beaucoup de charme...
- c'est sans doute très inondable: les maisons sont toutes sur pilotis et à flanc de colline, et même le petit escalier pour y accéder est abrité ; on imagine donc qu'en saison des pluies, ça doit ruisseler pas mal.

On ne s'arrête car on a envie de voir la mer et d'avoir un peu d'horizon à se mettre sous la dent, car la route est un  peu frustrante, avec tous ces virages et ces arbres. Puis on rallie enfin la côte ouest, et on se pour un petit-dèj face à la mer, mais sans Calogero et Passi:


OK, c'est la saison sèche, le ciel est couvert et vous ne verrez pas de magnifiques photos aux couleurs contrastées, à part peut-être sur la plage du genre "déserte et la plus belle de notre monde". Petit-dèj donc, puis intrigués que nous sommes par le phare, on en tente l'approche dès qu'on fait 200m en voiture et qu'on s'aperçoit qu'un petit chemin nous appelle. Nous affrontons alors l'escalade périlleuse de rochers volcaniques hostiles et dérapants. On en rajoute? Jugez donc!


Mais une fois arrivés, la vue est encore plus jolie:

(à gauche)

(à droite ; remarquez les jolis bancs de sable, qu'on n'a même pas trouvés)

Pour redescendre, on passe par un semblant de chemin au milieu des herbes hautes.... Evidemment, on psychote sur les serpents, et on a peut-être pas tort: on entend beaucoup de bruit d'herbes bousculées, et on voit passer des animaux non identifiés (sans doute des souris) juste devant nos pas (rendons à François les lauriers qui appartiennent à César: il est courageusement passé devant). Brrrrr.

Bon allez, on s'égare dans les détails, reprenons! On laisse les pêcheurs et leurs pirogues (plus de photos ici) et on repart, toujours en longeant plus ou moins la côté au gré des caprices du relief. On traverse quelques petites villes, et c'est toujours le même scénario: en passant sur un pont, on voit les femmes pliées en deux en train de laver le linge à la rivière (il sèchera ensuite sur les rochers), les sangliers nous barrent la route, les enfants nous accueillent en courant après la voiture et en criant "dois! dois! dois!". Ca se prononce "d/oye/s"  et on a mis du temps à comprendre ce que c'était, même maintenant on ne fait que le supputer: il s'agirait du chiffre "2", raccourci pour "2000 dobras" que les enfants réclament, soit l'équivalent de 0,15€.

On continue notre route, en s'arrêtant vite fait pour admirer de jolies vagues qui nous rappellent vaguement l'Atlantique français:


Et puis la route se transforme en piste, on a passé la dernière ville de la côté, Santa Catarina, et ça grimpe dans les plantations... Va-t-on trouver le chemin des montagnes? Va-t-on pouvoir faire le tour de l'île par le sud? Que nenni, on est vite bloqués et on se retrouve au milieu des arbres, à bananes ou à cacao...


Bon, il va nous falloir rebrousser chemin et tenter de trouver les montagnes en prenant une route perpendiculaire à la côtière, route qui existe sur le plan mais qu'on n'a pas vue en venant. Pour se donner du courage, on s'arrête boire un petit coup, et c'est en fait notre premier vrai contact avec la population en dehors de la capitale. On improvise un "beber" pour "boire", mais c'est sans doute le langage des signes qui nous permet de nous faire plus ou moins comprendre. On pourra vérifier au cours du séjour que ça fait souvent sourire, et que les gens sont patients et indulgents. Un jeune autochtone nous même rejoint pour l'apéro:




Les maisons "force bleu dehors / force rose dedans" font un tabac,
parce que c'est "mas bonito" nous dit-on - et on est d'accord.

Sur ce, partis depuis 9h du matin, il est bien 13h30 et on n'a pas mangé, mais on repart quand même à la recherche de la fameuse route qui irait dans les montagnes, lucides sur notre faible chance de trouver un restaurant dans le coin de toute façon. On trouve donc une route, ça grimpe sec, très sec, et il y a malgré tout encore un village, qui nous offre encore un joli panorama et jolies maisons à regarder. La route se transforme ensuite en chemin, très pentu et un peu abandonné: il est temps de faire demi-tour. Le village en question:



On redescend donc vers la mer, affamés et à la recherche d'un petit maquis. Las, il est déjà 14h30 et au premier village dans lequel on s'arrête, les marmites sont vides. Ce sera sans doute pareil au village suivant, alors on boit pour se redonner du courage. La mer est toujours turquoise, et les enfants arrivent petit à petit pour jouer autour de nous: ils escaladent les arbres, pataugent dans la rivière, font rouler une roue de vélo avec une baguette, font des pirouettes...



Bon c'est pas tout ça, mais on commence à avoir très faim. Finalement, on n'est plus très loin de la capitale, on trouvera sans doute quelque chose là-bas. Et c'est là qu'une gentille fée se penche sur notre Suzuki: sur la route, au milieu de nulle part, on voit un panneau indiquant qu'un resto se trouve sur le chemin qui part sur la droite. Tentons! Chemin escarpé, personne à l'horizon, on avance pendant 5 à 10 minutes, ça monte et c'est vert... jusqu'à arriver effectivement à un restaurant, ouvert et dont nous serons les seuls clients!! Même sentiment d'être hors-saison que sur les plages de Libreville ou dans les cabanes en bois du Cap Esterias: il y a ici toute une structure (bungalows, piste de danse, bar et resto), en bois un peu délavé, et une belle végétation: ici, des nénuphars au premier plan, et attention, dans la cour, des arbes... à caramboles! Seb n'en revient toujours pas:


Bon, on commence à avoir bien balayé cette journée... On a beaucoup bougé, été un peu déçus de ne pas trouver les montagnes, de galérer pour trouver à manger, et de ne pas avoir vu de roças (plantation de cacao). Mais qu'importe, dès l'instant où la voiture tourne et prend le chemin menant à ce restaurant, la magie de São Tomé s'empare de nous et ne nous lâchera pas du voyage. Déjà émerveillés par ce petit coin coupé du monde, nous nous résolvons à faire appel au Petit Futé pour trouver une roça où dormir, que nous choisissons au hasard, sans doute encore aidés par une petite fée. Après un passage par la capitale pour téléphoner et réserver, nous voici en route pour la roça San João dos Angalores ; il fait déjà nuit mais nos paupières n'ont pas fini de scintiller des surprises que nous réserve cet endroit absolument magique, majestueuse demeure perchée sur une colline, et seule source de lumière que nous voyons lentement approcher...

En attendant le J3 et des détails sur la roça, voici ici beaucoup plus de photos, et là un petit récapitulatif de notre itinéraire:



par Seb et François
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Vendredi 27 juin 2008
Bon, vos commentaires nous rassurent un peu, et les photos sont déjà en ligne: patience, peut-être aujourd'hui, sans doute ce weekend, vous saurez la suite...

En attendant, voici la traditionnelle EDV.

Evidemment, lors de ce voyage, notre 1 giga de carte mémoire en a pris pour son grade, et on est revenus avec plein de clichés, dont, vous le sentez venir, quelques un plutôt insolites. Si l'on vous dit qu'aucune biquette n'a été abîmée pour cette énigme, pouvez-vous nous dire ce que c'est, sur la photo?...

par Seb et François
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