Attention, ça reprend direct après le J1!
Après une nuit reposante, toutefois perturbée par les chants des coqs sous notre fenêtre dès 3h du matin, nous voici prêts à partir à la découverte de l'île. Devinez qui nous attend à 9h devant
notre porte? Le fameux chauffeur de taxi! Bon là, on s'y attendait, puisqu'on lui avait donné rendez-vous la veille. Pourquoi donc?, vous demandez-vous. Eh bien, il avait encore un autre bon plan
à nous proposer: un 4x4 à louer, encore de particulier à particulier, et à un prix imbattable! On paie, on prend les clés, et rendez-vous dans 3 jours même heure, même endroit, pour les rendre.
On fait le plein dans une mini-station où des enfants squattent nos vitres pour nous vendre des bracelets ou d'autres breloques absolument nécessaires, ou simplement pour obtenir un billet, et on
est prêts à partir.
On a 3 jours entiers devant nous, il y a 2 ou 3 routes, alors on se dit vaguement qu'on va d'abord tenter le côté gauche, ensuite le côté droit et le sud, et puis qu'on verra bien. On commence
donc par le nord ouest de l'île, avec une petite idée derrière la tête: longer la côte puis rallier les montagnes, qui ont l'air d'être au bout de la route et dans lesquelles on peut se balader.
L'île doit faire dans les 40km de longueur, c'est raisonnable.
En route donc, on fonce vers la mer, on tourne à gauche et on suite la route... Erreur, il y a une route bonus qui mène à l'aéroport et au village de derrière, Gamboa. Tant pis, on fait demi-tour
après avoir traversé le village et aperçu les premiers cochons sauvages du voyage! Oui oui, il y en a partout, et ils s'arrangent toujours pour traverser la route devant la voiture, et sans se
presser.
On retrouve la bonne route et on s'enfonce dans le pays. Quelques constats et impressions avant de retrouver la mer sur la côte ouest:
- c'est
vert partout, partout, partout ; les villages sont presque cachés par les feuilles des arbres!
- c'est pas le même vert qu'au
Gabon: les arbres sont un peu moins hauts et laissent passer plus de lumière.
- c'est très
MoNtaGnEuX: on monte et on descend et on viroune sans cesse.
- c'est très
pauvre: les maisons sont en bois, rafistolées de partout, mais elles ont beaucoup de charme...
- c'est sans doute très
inondable: les maisons sont toutes sur pilotis et à flanc de colline, et même le petit escalier pour y accéder est abrité ;
on imagine donc qu'en saison des pluies, ça doit ruisseler pas mal.
On ne s'arrête car on a envie de voir la mer et d'avoir un peu d'horizon à se mettre sous la dent, car la route est un peu frustrante, avec tous ces virages et ces arbres. Puis on rallie
enfin la côte ouest, et on se pour un petit-dèj face à la mer, mais sans Calogero et Passi:

OK, c'est la saison sèche, le ciel est couvert et vous ne verrez pas de magnifiques photos aux couleurs contrastées, à part peut-être sur la plage du genre "déserte et la plus belle de notre
monde". Petit-dèj donc, puis intrigués que nous sommes par le phare, on en tente l'approche dès qu'on fait 200m en voiture et qu'on s'aperçoit qu'un petit chemin nous appelle. Nous affrontons
alors l'escalade périlleuse de rochers volcaniques hostiles et dérapants. On en rajoute? Jugez donc!

Mais une fois arrivés, la vue est encore plus jolie:

(à gauche)

(à droite ; remarquez les jolis bancs de sable, qu'on n'a même pas
trouvés)
Pour redescendre, on passe par un semblant de chemin au milieu des herbes hautes.... Evidemment, on psychote sur les serpents, et on a peut-être pas tort: on entend beaucoup de bruit d'herbes
bousculées, et on voit passer des animaux non identifiés (sans doute des souris) juste devant nos pas (rendons à François les lauriers qui appartiennent à César: il est courageusement passé
devant). Brrrrr.
Bon allez, on s'égare dans les détails, reprenons! On laisse les pêcheurs et leurs pirogues (
plus de photos ici) et
on repart, toujours en longeant plus ou moins la côté au gré des caprices du relief. On traverse quelques petites villes, et c'est toujours le même scénario: en passant sur un pont, on voit les
femmes pliées en deux en train de laver le linge à la rivière (il sèchera ensuite sur les rochers), les sangliers nous barrent la route, les enfants nous accueillent en courant après la voiture
et en criant "dois! dois! dois!". Ca se prononce "d/oye/s" et on a mis du temps à comprendre ce que c'était, même maintenant on ne fait que le supputer: il s'agirait du chiffre "2",
raccourci pour "2000 dobras" que les enfants réclament, soit l'équivalent de 0,15€.
On continue notre route, en s'arrêtant vite fait pour admirer de jolies vagues qui nous rappellent vaguement l'Atlantique français:

Et puis la route se transforme en piste, on a passé la dernière ville de la côté, Santa Catarina, et ça grimpe dans les plantations... Va-t-on trouver le chemin des montagnes? Va-t-on pouvoir
faire le tour de l'île par le sud? Que nenni, on est vite bloqués et on se retrouve au milieu des arbres, à bananes ou à cacao...

Bon, il va nous falloir rebrousser chemin et tenter de trouver les montagnes en prenant une route perpendiculaire à la côtière, route qui existe sur le plan mais qu'on n'a pas vue en venant. Pour
se donner du courage, on s'arrête boire un petit coup, et c'est en fait notre premier vrai contact avec la population en dehors de la capitale. On improvise un "beber" pour "boire", mais c'est
sans doute le langage des signes qui nous permet de nous faire plus ou moins comprendre. On pourra vérifier au cours du séjour que ça fait souvent sourire, et que les gens sont patients et
indulgents. Un jeune autochtone nous même rejoint pour l'apéro:

Les maisons "force bleu dehors / force rose dedans" font un tabac,
parce que c'est "mas bonito" nous dit-on - et on est d'accord.
Sur ce, partis depuis 9h du matin, il est bien 13h30 et on n'a pas mangé, mais on repart quand même à la recherche de la fameuse route qui irait dans les montagnes, lucides sur notre faible
chance de trouver un restaurant dans le coin de toute façon. On trouve donc une route, ça grimpe sec, très sec, et il y a malgré tout encore un village, qui nous offre encore un joli panorama et
jolies maisons à regarder. La route se transforme ensuite en chemin, très pentu et un peu abandonné: il est temps de faire demi-tour. Le village en question:

On redescend donc vers la mer, affamés et à la recherche d'un petit maquis. Las, il est déjà 14h30 et au premier village dans lequel on s'arrête, les marmites sont vides. Ce sera sans doute
pareil au village suivant, alors on boit pour se redonner du courage. La mer est toujours turquoise, et les enfants arrivent petit à petit pour jouer autour de nous: ils escaladent les arbres,
pataugent dans la rivière, font rouler une roue de vélo avec une baguette, font des pirouettes...

Bon c'est pas tout ça, mais on commence à avoir très faim. Finalement, on n'est plus très loin de la capitale, on trouvera sans doute quelque chose là-bas. Et c'est là qu'une gentille fée se
penche sur notre Suzuki: sur la route, au milieu de nulle part, on voit un panneau indiquant qu'un resto se trouve sur le chemin qui part sur la droite. Tentons! Chemin escarpé, personne à
l'horizon, on avance pendant 5 à 10 minutes, ça monte et c'est vert... jusqu'à arriver effectivement à un restaurant, ouvert et dont nous serons les seuls clients!! Même sentiment d'être
hors-saison que sur les plages de Libreville ou dans les cabanes en bois du Cap Esterias: il y a ici toute une structure (bungalows, piste de danse, bar et resto), en bois un peu délavé, et une
belle végétation: ici, des nénuphars au premier plan, et attention, dans la cour, des arbes... à caramboles! Seb n'en revient toujours pas:

Bon, on commence à avoir bien balayé cette journée... On a beaucoup bougé, été un peu déçus de ne pas trouver les montagnes, de galérer pour trouver à manger, et de ne pas avoir vu de roças
(plantation de cacao). Mais qu'importe, dès l'instant où la voiture tourne et prend le chemin menant à ce restaurant, la magie de São Tomé s'empare de nous et ne nous lâchera pas du voyage. Déjà
émerveillés par ce petit coin coupé du monde, nous nous résolvons à faire appel au Petit Futé pour trouver une roça où dormir, que nous choisissons au hasard, sans doute encore aidés par une
petite fée. Après un passage par la capitale pour téléphoner et réserver, nous voici en route pour la roça San João dos Angalores ; il fait déjà nuit mais nos paupières n'ont pas fini de
scintiller des surprises que nous réserve cet endroit absolument magique, majestueuse demeure perchée sur une colline, et seule source de lumière que nous voyons lentement approcher...
En attendant le J3 et des détails sur la roça, voici
ici beaucoup plus de photos, et là un petit récapitulatif de
notre itinéraire: